Le prêt à taux zéro plus : conditions et avantages pour une résidence principale

Le prêt à taux zéro plus (PTZ+) constitue l’un des dispositifs les plus attractifs pour faciliter l’accession à la propriété en France. Cette aide publique, prolongée jusqu’en 2027, permet aux primo-accédants de financer une partie significative de leur acquisition immobilière sans supporter aucun intérêt. Dans un contexte où les prix de l’immobilier restent élevés et où les taux d’emprunt ont connu des variations importantes, le PTZ+ représente un levier financier déterminant pour concrétiser un projet d’acquisition de résidence principale.

Cette mesure gouvernementale s’inscrit dans une politique ambitieuse de soutien au logement, visant à démocratiser l’accès à la propriété pour les ménages aux revenus modestes et intermédiaires. Les récentes évolutions réglementaires ont notamment élargi le champ d’application du dispositif, permettant désormais de financer l’acquisition de logements neufs sur l’ensemble du territoire français, qu’il s’agisse d’appartements ou de maisons individuelles.

Critères d’éligibilité et conditions d’obtention du PTZ+ pour l’acquisition d’une résidence principale

L’obtention d’un prêt à taux zéro plus repose sur des critères d’éligibilité précis qui déterminent l’accès au dispositif. Ces conditions, régulièrement actualisées par les pouvoirs publics, visent à cibler les bénéficiaires selon leur situation financière, leur statut d’accession et les caractéristiques du bien immobilier convoité.

Plafonds de ressources selon les zones géographiques A, A bis, B1, B2 et C

Le territoire français est divisé en cinq zones géographiques distinctes, chacune caractérisée par des niveaux de tension du marché immobilier différents. Cette classification détermine non seulement l’éligibilité au PTZ+ mais aussi les plafonds de ressources applicables et les montants maximaux finançables.

Les zones A et A bis regroupent les agglomérations les plus tendues, notamment Paris et sa région, la Côte d’Azur, ainsi que les principales métropoles françaises comme Lyon, Marseille ou Toulouse. Pour un célibataire, le plafond de ressources s’établit à 49 000 euros annuels, tandis qu’un couple peut prétendre au PTZ+ jusqu’à 73 500 euros de revenus fiscaux de référence. Ces montants augmentent progressivement selon la composition du foyer, atteignant 161 700 euros pour une famille de huit personnes ou plus.

La zone B1 concerne les agglomérations de taille intermédiaire et certaines communes de la grande couronne parisienne. Les plafonds y sont ajustés à la baisse : 34 500 euros pour une personne seule, 51 750 euros pour un couple, jusqu’à 113 850 euros pour les familles nombreuses. Cette modulation reflète les différences de coûts immobiliers entre les territoires.

Les zones B2 et C correspondent aux territoires les moins tendus, où l’offre immobilière reste plus accessible. Les seuils de ressources y sont respectivement fixés entre 28 500 et 31 500 euros pour une personne seule, et peuvent atteindre 94 050 à 103 950 euros pour les foyers les plus importants. Ces disparités géographiques permettent d’adapter le dispositif aux réalités locales du marché immobilier.

Conditions de primo-accession et délai de non-propriété de 2 ans

Le PTZ+ s’adresse exclusivement

aux primo-accédants, c’est-à-dire aux ménages qui n’ont pas été propriétaires de leur résidence principale au cours des deux années précédant la demande de prêt. Ce délai de non-propriété est apprécié à la date d’émission de l’offre de prêt et concerne l’ensemble des co-emprunteurs. Si l’un seulement des emprunteurs ne respecte pas cette condition, le dossier perd son éligibilité au PTZ+.

La réglementation prévoit toutefois plusieurs exceptions à cette règle des 2 ans. Vous pouvez bénéficier d’un prêt à taux zéro plus même si vous avez été propriétaire récemment lorsque vous êtes titulaire d’une carte mobilité inclusion avec mention invalidité, bénéficiaire de l’AAH ou de l’AEEH, ou encore lorsque votre ancien logement est devenu définitivement inhabitable à la suite d’une catastrophe naturelle ou technologique reconnue par arrêté. Dans ces cas spécifiques, le législateur considère que le PTZ+ joue pleinement son rôle social de soutien à l’accession.

Il est également possible d’être considéré comme primo-accédant lorsque l’on détient uniquement l’usufruit ou la nue-propriété de son logement principal, sans en avoir la pleine propriété. Cette situation, fréquente dans les successions, ne fait pas obstacle à l’octroi du prêt. En pratique, les banques exigent une attestation sur l’honneur de non-propriété de résidence principale sur les deux dernières années, complétée par la production des avis d’imposition et, le cas échéant, des baux de location ou justificatifs de logement.

Typologie des logements éligibles : neuf, ancien avec travaux et VEFA

Le prêt à taux zéro plus peut financer plusieurs types d’opérations immobilières, à condition qu’il s’agisse de votre future résidence principale. Les logements neufs, qu’ils soient situés dans un immeuble collectif ou qu’il s’agisse de maisons individuelles, sont éligibles sur l’ensemble du territoire depuis la réforme entrée en vigueur au 1er avril 2025. Le bien doit être acquis en vue de sa première occupation, soit à l’achèvement des travaux, soit dans le cadre d’un achat sur plan.

L’acquisition en VEFA (vente en l’état futur d’achèvement) est d’ailleurs l’un des cas les plus fréquents de recours au PTZ+. Dans ce schéma, vous signez un contrat de réservation puis un acte authentique, et les fonds sont débloqués au fur et à mesure de l’avancement du chantier. Le prêt à taux zéro intervient en complément de votre crédit principal, sans générer d’intérêts intercalaires, ce qui améliore sensiblement le coût global de l’opération.

Le PTZ+ peut également financer un logement ancien, mais sous conditions plus strictes. Le bien doit être situé en zone B2 ou C (zones dites détendues) et faire l’objet de travaux de rénovation représentant au moins 25 % du coût total de l’opération. Ces travaux peuvent porter sur l’amélioration du confort, l’assainissement ou la performance énergétique du logement, à l’exclusion des équipements fonctionnant aux énergies fossiles. Concrètement, l’ensemble acquisition + travaux doit aboutir à un logement répondant à un niveau de performance énergétique minimal (souvent la classe D au DPE après travaux).

Enfin, certaines formules d’accession sociale sont également compatibles avec le PTZ+, comme le bail réel solidaire (BRS), la location-accession (PSLA) ou les opérations réalisées en TVA réduite dans les périmètres ANRU ou les quartiers prioritaires de la politique de la ville. Dans ces montages, vous pouvez cumuler prix d’achat maîtrisé, fiscalité avantageuse et prêt à taux zéro, ce qui réduit fortement votre effort d’épargne initial.

Quotité maximale finançable par le prêt à taux zéro selon la localisation

La quotité finançable par le PTZ+ correspond à la part du coût total de l’opération pouvant être couverte par ce prêt sans intérêts. Cette part dépend à la fois de la zone géographique du logement, du type de bien (neuf collectif, maison individuelle, ancien avec travaux, logement social) et de votre tranche de revenus. Pour les ménages les plus modestes (tranche 1) achetant un logement collectif neuf ou un logement ancien avec travaux en zones B2 ou C, la quotité peut atteindre jusqu’à 50 % du coût retenu pour l’opération.

Pour une maison individuelle neuve, la quotité maximale est plus faible afin de concentrer l’effort public sur les zones les plus tendues et les opérations les plus sociales. Elle est généralement limitée à 30 % pour les revenus de tranche 1, puis abaissée à 20 % pour les tranches de revenus intermédiaires (tranches 2 et 3) et à 10 % pour la tranche 4. À l’inverse, dans le cadre de l’accession sociale via un bail réel solidaire ou un logement social (vente HLM), la quotité est fixée à 20 % quel que soit le niveau de ressources.

Outre cette quotité, un deuxième plafond s’applique : le coût maximal de l’opération pris en compte pour calculer le PTZ+. Ce plafond varie selon la composition du foyer et la zone (par exemple, 150 000 € pour une personne seule en zone C, 360 000 € pour cinq personnes en zone A). Le montant théorique du prêt est donc égal à la quotité × le coût plafonné de l’opération, mais il ne doit pas excéder le montant des autres prêts d’une durée supérieure à 2 ans, avec une marge de 25 % en tranche 1. En d’autres termes, le PTZ+ ne remplace jamais un financement classique, il vient l’équilibrer.

Dispositifs de financement complémentaires et articulation avec le PTZ+

Le prêt à taux zéro plus ne peut jamais financer seul la totalité de votre acquisition : il doit impérativement être complété par un ou plusieurs prêts immobiliers classiques ou aidés. L’articulation entre ces différents financements est un point clé de votre plan de financement, car elle conditionne vos mensualités, la durée globale des emprunts et, in fine, la soutenabilité de votre projet. Bien coordonner PTZ+, prêt principal, aides locales et éventuels prêts complémentaires revient à assembler les pièces d’un puzzle pour optimiser votre budget.

Cumul avec le prêt d’accession sociale PAS et le prêt conventionné PC

Le PTZ+ se combine très fréquemment avec un prêt d’accession sociale (PAS) ou un prêt conventionné (PC). Ces deux types de crédits, accordés par des établissements ayant signé une convention avec l’État, permettent de financer tout ou partie du coût de l’opération à des conditions réglementées, souvent plus favorables pour les ménages modestes. Le PAS est soumis à des plafonds de ressources, tandis que le prêt conventionné est accessible sans conditions de revenu.

Le principal avantage de cette combinaison PTZ+ + PAS/PC réside dans la possibilité de bénéficier de l’APL accession, sous réserve de remplir les critères de revenus et de situation familiale. Dans ce cas, l’aide personnalisée au logement peut venir diminuer vos mensualités, en tenant compte à la fois du prêt principal et du prêt à taux zéro. Pour un couple avec enfants en zone détendue, cette articulation peut représenter plusieurs centaines d’euros d’économie par mois sur le début de la période de remboursement.

Sur le plan technique, la banque établit un plan de financement où le PAS ou le prêt conventionné constitue le « socle » du crédit, tandis que le PTZ+ s’y ajoute comme un étage sans intérêts. Les durées peuvent être harmonisées (via le lissage des mensualités) afin d’éviter un « effet de palier » trop marqué au terme du différé du PTZ+. Une simulation précise est donc indispensable pour vérifier que la charge mensuelle reste compatible avec un taux d’endettement maximal de 35 %.

Intégration du PTZ+ dans les opérations de prêt action logement

Si vous êtes salarié d’une entreprise du secteur privé non agricole de plus de 10 salariés, vous pouvez, sous conditions, solliciter un prêt Action Logement en complément de votre PTZ+. Ce prêt employeur, anciennement appelé « 1 % logement », finance une partie de l’acquisition à un taux avantageux, généralement inférieur aux taux du marché. Il est particulièrement intéressant pour renforcer votre apport lorsque vos économies personnelles sont limitées.

Dans une opération typique, le plan de financement peut ainsi se composer d’un crédit immobilier principal, d’un PTZ+ et d’un prêt Action Logement. Le prêt employeur vient souvent couvrir les frais annexes (frais de notaire, travaux de rafraîchissement, mobilier essentiel) ou réduire le montant du crédit bancaire classique afin d’abaisser les mensualités. L’enjeu, pour vous comme pour la banque, est de répartir intelligemment les montants et les durées pour maintenir une bonne visibilité sur votre budget.

Il convient toutefois de garder à l’esprit que les enveloppes de financement Action Logement sont limitées et distribuées selon des priorités (localisation, revenus, nature du projet). Anticiper votre demande et monter un dossier complet augmente donc vos chances de cumuler ce prêt avantageux avec le PTZ+. Là encore, l’accompagnement d’un courtier ou d’un conseiller spécialisé peut s’avérer précieux pour sécuriser l’ensemble des démarches.

Compatibilité avec les aides locales des collectivités territoriales

De nombreuses collectivités locales (régions, départements, métropoles, communes) proposent des aides complémentaires à l’accession à la propriété, sous forme de subventions, de prêts à taux réduit ou de primes ciblées (jeunes ménages, rénovation énergétique, retour en centre-ville, etc.). La bonne nouvelle, c’est que ces dispositifs sont, dans la grande majorité des cas, cumulables avec un prêt à taux zéro plus.

Vous pouvez, par exemple, bénéficier d’un PTZ+ pour l’achat d’un appartement neuf en zone B1, tout en profitant d’une subvention municipale pour l’accession dans un quartier en renouvellement urbain. De même, certaines métropoles accordent des prêts bonifiés pour les acquisitions dans l’ancien avec travaux, ce qui vient renforcer l’effet de levier du PTZ+ sur ce type d’opération. L’ensemble contribue à réduire votre besoin de financement bancaire classique et donc votre coût total du crédit.

La difficulté principale réside dans la lisibilité de ces aides locales, qui varient fortement d’un territoire à l’autre et évoluent au fil des années. Avant de signer votre compromis, il est donc recommandé de vous rapprocher d’un conseiller habitat (ADIL, maison de l’habitat, service logement de votre commune) pour identifier toutes les aides mobilisables et vérifier leur compatibilité avec votre prêt à taux zéro plus.

Mécanismes de garantie hypothécaire et cautionnement mutuel

Comme pour tout crédit immobilier, les prêts associés au PTZ+ doivent être assortis de garanties pour protéger la banque en cas de défaut de paiement. Deux grands mécanismes coexistent : la garantie hypothécaire, qui repose sur une inscription au service de la publicité foncière, et le cautionnement mutuel, proposé par des organismes spécialisés (type Crédit Logement ou filiales de garantie des grands réseaux bancaires).

Le PTZ+ lui-même peut être garanti de la même manière que le prêt principal, ou bénéficier d’une garantie spécifique décidée par la banque. Dans la pratique, de nombreux établissements optent pour un cautionnement global couvrant l’ensemble des prêts, y compris le prêt à taux zéro, ce qui simplifie le montage et réduit parfois les coûts par rapport à une hypothèque classique. L’inconvénient est que certains profils jugés plus risqués peuvent se voir refuser le cautionnement et devront alors recourir à une inscription hypothécaire.

Pour vous, l’enjeu est double : maîtriser le coût de ces garanties (frais de dossier, commission de caution, émoluments de notaire en cas d’hypothèque) et vérifier les conditions de mainlevée en cas de revente anticipée. N’hésitez pas à demander une simulation intégrant plusieurs scenarii (hypothèque vs caution) afin de choisir la solution la plus adaptée à votre projet et à votre horizon de détention du bien.

Modalités de remboursement différé et calcul des mensualités du PTZ+

L’un des atouts majeurs du prêt à taux zéro plus réside dans ses modalités de remboursement souples et progressives. Contrairement à un crédit immobilier classique, le PTZ+ peut bénéficier d’un différé total de remboursement pendant plusieurs années, durant lesquelles vous ne payez ni intérêts (puisqu’il n’y en a pas), ni capital. Cette mécanique permet d’alléger fortement vos charges au démarrage du projet, une période souvent marquée par des dépenses importantes (emménagement, travaux, équipement du logement).

Période de différé total selon les revenus et la composition du foyer

La durée de la période de différé dépend directement de votre tranche de revenus, elle-même déterminée à partir de votre revenu fiscal de référence N-2 et de votre coefficient familial. Les ménages en tranche 1, aux ressources les plus modestes, bénéficient du différé le plus long, généralement de l’ordre de 10 ans. En tranche 2, ce différé est ramené à 8 ans, tandis que les ménages de tranche 3 disposent d’un différé plus court, autour de 2 ans. Enfin, en tranche 4, le remboursement du PTZ+ commence immédiatement.

Concrètement, cela signifie que pendant la phase de différé, vous ne remboursez que votre prêt principal et les éventuels prêts complémentaires, ce qui limite la pression sur votre budget mensuel. Cette souplesse est particulièrement appréciable pour les jeunes actifs ou les ménages en début de carrière, dont les revenus ont vocation à progresser dans le temps. On peut comparer ce mécanisme à une « rampe de lancement » qui vous laisse le temps de stabiliser votre situation financière avant de prendre en charge la totalité des remboursements.

Attention toutefois à ne pas sous-estimer l’impact de la fin du différé sur vos mensualités globales. Au moment où le remboursement du PTZ+ démarre, votre mensualité totale augmente, parfois de manière significative si le montant du prêt à taux zéro est élevé. Anticiper cette échéance, en simulant dès l’origine la mensualité « après différé », vous évitera de mauvaises surprises et vous permettra d’ajuster votre budget à temps.

Durée totale de remboursement variant de 20 à 25 ans

La durée totale du PTZ+ (différé + phase de remboursement) varie en général entre 20 et 25 ans, en fonction de votre tranche de revenus et de la localisation du bien. Plus vos revenus sont faibles, plus la durée du prêt est longue, afin de lisser au maximum votre effort de remboursement. À l’inverse, les ménages aux revenus plus élevés bénéficient de durées plus courtes, ce qui réduit la période d’endettement globale.

Typiquement, un ménage en tranche 1 peut se voir proposer un prêt à taux zéro d’une durée totale de 25 ans, avec 10 ans de différé puis 15 ans d’amortissement. En tranche 2, la durée s’établit souvent à 20 ans, dont 8 ans de différé et 12 ans de remboursement. La tranche 3, quant à elle, se caractérise par un différé de 2 ans suivi d’une période d’amortissement d’environ 13 ans. Pour la tranche 4, le PTZ+ se rapproche d’un prêt classique à 0 %, sans différé significatif et avec une durée d’amortissement de l’ordre de 10 ans.

Cette graduation permet d’adapter le dispositif aux capacités de remboursement de chaque profil, tout en maintenant une limite supérieure de 25 ans qui évite de s’endetter sur des horizons excessivement longs. Dans la pratique, les banques peuvent proposer un lissage de l’ensemble de vos prêts afin que la mensualité globale reste constante sur toute la durée d’endettement, malgré le démarrage différé du PTZ+. Cette technique, très répandue, améliore la lisibilité de votre budget au quotidien.

Calcul du montant remboursable en fonction du coefficient familial

Le coefficient familial joue un rôle central dans la détermination de votre tranche de revenus, et donc dans le calcul de vos droits au PTZ+ et de vos conditions de remboursement. Il prend en compte le nombre de personnes destinées à occuper le logement : 1 pour une personne seule, 1,5 pour deux personnes, 1,8 pour trois, 2,1 pour quatre, et 2,4 à partir de cinq occupants. En divisant le montant de vos revenus pris en compte par ce coefficient, on obtient un revenu « pondéré » qui est ensuite comparé aux seuils de chaque zone.

Par exemple, un couple avec un revenu fiscal de référence total de 45 000 € et deux enfants (coefficient 2,1) aura un revenu pondéré d’environ 21 428 € (45 000 / 2,1). Selon la zone, ce montant le positionnera dans telle ou telle tranche, ce qui déterminera à la fois la quotité maximale finançable et les durées de différé et de remboursement. On voit ici que l’augmentation de la taille du foyer peut, à ressources égales, améliorer vos droits au PTZ+ en abaissant votre revenu pondéré.

Le montant finalement remboursable dépend ensuite de trois paramètres : le coût total de l’opération plafonné selon la zone, la quotité applicable à votre tranche et la contrainte qui interdit au PTZ+ de dépasser de plus de 25 % (en tranche 1) ou 0 % (en tranches 2 à 4) le montant cumulé des autres prêts de plus de deux ans. Ainsi, même si le calcul théorique aboutit à un PTZ+ très élevé, la banque pourra l’ajuster afin de respecter cet équilibre réglementaire entre prêt à taux zéro et prêts classiques.

Avantages fiscaux et économiques du prêt à taux zéro plus

Sur le plan économique, le principal avantage du PTZ+ tient évidemment à l’absence totale d’intérêts et de frais de dossier. Là où un crédit classique engendre un coût d’intérêts parfois très significatif sur 20 ou 25 ans, le prêt à taux zéro permet de financer une part importante de votre projet sans aucun surcoût financier. Dans un contexte de remontée des taux immobiliers, cet avantage devient d’autant plus précieux qu’il réduit le taux moyen de votre financement global.

Pour un projet de 200 000 € financé à 40 % par un PTZ+ et à 60 % par un prêt classique, l’économie réalisée par rapport à une opération 100 % en prêt bancaire peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros sur la durée totale. C’est un peu comme si l’État prenait à sa charge une partie de vos intérêts, en transformant ce segment de financement en crédit « gratuit ». Cette économie vous laisse plus de marges pour absorber les charges courantes, réaliser des travaux complémentaires ou constituer une épargne de précaution.

Sur le plan fiscal, le PTZ+ n’ouvre pas droit à des réductions d’impôt en tant que tel, mais il interagit avec d’autres dispositifs. Ainsi, si vous financez votre résidence principale via un PAS ou un prêt conventionné ouvrant droit à l’APL, les mensualités de votre PTZ+ seront prises en compte dans le calcul de cette aide. De plus, dans le cas d’un achat dans l’ancien avec travaux d’amélioration énergétique, vous pouvez cumuler PTZ+ et dispositifs de rénovation comme MaPrimeRénov’, ce qui renforce la rentabilité de votre investissement.

Enfin, le PTZ+ agit comme un accélérateur de constitution de patrimoine. En facilitant l’accession à la propriété sans alourdir excessivement la charge de remboursement, il permet à des ménages qui auraient été exclus du marché de devenir propriétaires plus tôt. À long terme, la différence entre rester locataire pendant 15 ou 20 ans et rembourser un crédit à taux bonifié peut représenter un véritable « effet ciseau » en votre faveur, surtout dans les zones où les loyers sont élevés.

Démarches administratives et processus d’instruction auprès des établissements agréés

Pour bénéficier du prêt à taux zéro plus, vous devez impérativement vous adresser à un établissement financier ayant signé une convention avec l’État. Il peut s’agir d’une banque de réseau, d’un établissement spécialisé ou d’un organisme de crédit en ligne, dès lors qu’il est habilité à distribuer le PTZ+. Chaque établissement reste libre d’accepter ou non votre dossier, en fonction de son analyse de votre solvabilité et des garanties proposées.

La première étape consiste généralement à vérifier votre éligibilité théorique : niveau de revenus, statut de primo-accédant, usage du bien en résidence principale, localisation du logement, nature du projet (neuf, ancien avec travaux, accession sociale). De nombreux simulateurs en ligne permettent d’obtenir rapidement une estimation indicative du montant de PTZ+ auquel vous pourriez prétendre, mais seule l’instruction complète de votre dossier par la banque permettra de valider définitivement ce droit.

Vous devrez ensuite constituer un dossier détaillé comprenant notamment vos pièces d’identité, vos avis d’imposition N-2, vos trois derniers bulletins de salaire ou justificatifs de revenus, vos relevés de comptes récents, ainsi que tous les documents relatifs au projet immobilier (compromis de vente, contrat de réservation en VEFA, devis de travaux, attestation de non-propriété, etc.). Plus votre dossier est complet dès le départ, plus l’instruction sera rapide et fluide.

Une fois le dossier déposé, la banque procède à une double analyse : d’une part, elle vérifie le respect des critères réglementaires du PTZ+ (plafonds de ressources, zonage, nature du bien), d’autre part, elle apprécie votre capacité globale de remboursement en tenant compte de tous vos crédits et charges. Si l’ensemble est jugé satisfaisant, elle vous adresse une offre de prêt intégrant le PTZ+ et les autres financements. Vous disposez alors d’un délai de réflexion légal (au minimum 10 jours) avant de pouvoir l’accepter et signer.

Impact du PTZ+ sur l’accession à la propriété dans les zones tendues pinel et dispositifs ANRU

Dans les zones dites « tendues » (zones A, A bis et B1), qui correspondent largement au périmètre du dispositif Pinel et aux grandes agglomérations où la pression immobilière est forte, le PTZ+ joue un rôle d’amortisseur pour les ménages accédants. Face à des prix au mètre carré souvent très élevés, la possibilité de financer jusqu’à 40 ou 50 % du coût d’un appartement neuf sans intérêts peut faire la différence entre un projet réalisable et un projet hors de portée.

Le PTZ+ complète ainsi les dispositifs de soutien à la construction neuve (tels que le Pinel pour l’investissement locatif) en facilitant la demande côté accédants. En soutenant l’achat de logements neufs en résidence principale dans ces zones, il contribue indirectement à la solvabilisation des ménages et à la fluidité du marché. On peut voir ce dispositif comme un « pendant social » des mécanismes de défiscalisation, visant cette fois les occupants plutôt que les investisseurs.

Dans les périmètres ANRU et les quartiers prioritaires de la politique de la ville, le PTZ+ s’insère dans une stratégie plus large de renouvellement urbain. Associé à la TVA réduite, aux prix plafonnés et aux aides spécifiques à l’accession sociale, il encourage des ménages aux revenus modestes à devenir propriétaires dans des secteurs en cours de requalification. Cette dynamique favorise la mixité sociale et la stabilisation résidentielle, deux objectifs majeurs des politiques de la ville.

En définitive, le prêt à taux zéro plus n’est pas seulement un outil de financement individuel : c’est aussi un instrument d’aménagement du territoire. En modulant ses paramètres selon les zones et les types d’opérations (neuf, ancien, ANRU, BRS…), le législateur cherche à orienter les parcours résidentiels, à soutenir la construction là où elle fait défaut et à revaloriser les quartiers en manque d’attractivité. Pour vous, futur accédant, bien comprendre ces mécanismes, c’est vous donner les moyens de tirer pleinement parti de ce levier dans votre projet de résidence principale.

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